Journale Traduis-moi avant que je t’écrive…
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Traduis-moi avant que je t’écrive…

ÉPISODE 1: « ROUVRIR LE TEXTE »
ÉPISODE DEUX: NOSTALGIE DE LA LANGUE ABSENTE
ÉPISODE TROIS: TRADUIRE AU PLATEAU

En 2023, Julie Tirard a traduit la pièce de théâtre Pirsch, d’Ivana Sokola. Une résidence de travail a permis de poser la question de la temporalité de la traduction: traduire le texte tel qu’il a été écrit un an auparavant, ou profiter de la traduction pour faire des changements? Devant la décision d’Ivana Sokola de « rouvrir le texte », Julie Tirard s’est mise à réfléchir aux conséquences de cette façon de travailler. Jusqu’où cela pouvait mener? Et si la traduction arrivait avant même que le texte soit écrit ? Et si, au lieu de traduire les textes, on les créait directement dans les deux langues ? Et s’il n’y avait plus d’original ? Réponses en 3 épisodes.

ÉPISODE 1: « ROUVRIR LE TEXTE »

L’idée de ce podcast1 m’est venue pendant un déjeuner. Non, elle m’est venue en rédigeant une candidature. Un peu des deux à vrai dire. Elle est venue d’une émotion.

L’émotion c’est Ivana Sokola qui l’a créée. Au printemps 2023 nous avons candidaté ensemble à une résidence pour travailler à la traduction vers le français de sa pièce Pirsch. Nous nous sommes d’abord téléphoné pour faire connaissance, puis avons partagé un dossier en ligne pour y glisser les documents demandés.

La lettre de motivation d’Ivana disait :

Ivana
(…) Cette résidence m’offrirait également la chance de vivre la traduction « en train de se faire », en contribuant à faire de ce processus un échange vivant, ce qui correspond finalement à l’écriture théâtrale elle-même en tant qu’écriture ouverte, mouvante, toujours inachevée : un texte de théâtre ne peut naître que de l’échange et de la parole. Pendant cette résidence, je souhaite travailler avec Julie Tirard sur le texte non pas en tant qu’œuvre achevée, mais l’ouvrir à nouveau.

Enfin, je trouve important de renforcer les liens entre écriture et traduction : plutôt que chacun·e travaille de son côté, l’idée d’une collaboration active entre deux acteur·ices de même ordre me semble intéressante. Cette résidence commune pourra même peut-être aboutir à une nouvelle méthode de travail. D’autant plus que nos pratiques respectives évoluent dans un champ poétique et politique commun.

L’une des questions qui m’habitera lors de cette résidence est la possibilité d’une pratique féministe de l’écriture et de la traduction au moment de passer d’une langue (théâtrale) à une autre. Qu’est-ce qu’implique le fait de traduire ? Où se recoupent les gestes, symboles, images ? Et comment les amener sur scène dans les langues théâtrales de nos pays respectifs ?

« (…) travailler sur le texte non pas en tant qu’œuvre achevée, mais l’ouvrir à nouveau. »

C’est cette phrase qui m’a émue.

Parce qu’elle témoigne d’une confiance incroyable. D’une pulsion de vie.

Rouvrir le texte c’est le rouvrir à la création.

C’est repartir, à deux cette fois, à l’aventure pour chercher le mot, chercher l’image, questionner la phrase, questionner les personnages.

Faire à deux cette traversée difficile : quitter la réalité pour celle du texte. Puis revenir.

J’étais émue d’avoir cette fois une compagne de voyage. Une compagne d’écriture. (Ce n’est pas un secret, on se sent souvent seule quand on écrit.)

Cette fois, pas de questions-réponses traductives, mais un plongeon dans les mouvances du texte. Côte à côte, main dans la main.

Et puis il y a eu ce déjeuner. Avec une amie « théâtreuse » comme on dit.

On parlait de son travail, plus administratif, de mes projets de traduction à venir, et puis elle a dit quelque chose comme :

« Pour être honnête je ne vois pas vraiment d’avenir pour la traduction théâtrale franco-allemande. »

Wow.

L'amie
Oui, je me rappelle de ce déjeuner. Derrière cette phrase un peu provocante, ce que je voulais dire c’est que les gens apprennent de moins en moins l’allemand en France et le français en Allemagne. Du coup les binômes qui existaient à une époque disparaissent. Et maintenant que les programmes de traduction automatique sont là, est-ce qu’on va continuer à traduire du théâtre comme ça ? Il faut réinventer un sens, trouver d’autres angles d’attaque, voir à quel point cette relation entre texte et traduction, auteurice et texte, peut amener de plus que l’intelligence artificielle.

Quel avenir, en effet, pour la traduction théâtrale à l’heure de l’IA ?

Quel avenir, quand les théâtres privilégient dans leur programme les réécritures de classique ou les créations au plateau d’artistes associé.e.s ?

Quel avenir à l’heure de l’anglais langue globale ?

Quand s’érigent toujours plus de nouveaux murs-frontières et que revient l’ère du repli identitaire ?

Mon cerveau s’est mis à tourner à toute vitesse. Je crois même que j’ai arrêté de manger.

J’y ai pensé pendant des jours :

Et si, au lieu de traduire les textes, on les créait directement dans les deux langues ?

Et si la traduction se faisait plus tôt dans le processus ?

Et si on créait deux œuvres en même temps ?

Et si la traduction devenait source d’inspiration ?

Et si la traduction arrivait avant même que le texte soit écrit ?

Et si la traductrice était co-autrice et l’autrice traductrice de son texte co-écrit ?

Et s’il n’y avait plus de traduction, seulement une création ?

Et s’il n’y avait plus d’original ?

J’en parle dans mon podcast précédent : je discute beaucoup avec les autrices que je traduis. Je leur pose des questions et parfois, je leur propose des changements. Certaines disent que c’est parce que je suis moi-même autrice. Je ne sais pas si c’est ça. Mais je n’ai jamais pu faire autrement. Et il est souvent arrivé que l’autrice change alors des choses dans l’original. Car dans l’espace germanophone, le texte de théâtre n’est pas édité sous forme de livre comme en France. Il existe sous format pdf seulement, ce qui fait qu’il peut être modifié à tout moment.

Je me rappelle d’une séance de travail avec Julia Haenni sur son « Don Juan. L’homme épuisé », je lui avais proposé d’ajouter quelques blagues qui marcheraient bien en français, il en est une qu’elle a reprise dans l’original. Il a suffi d’une correction dans le Word, d’un mail à la maison d’édition.

Julie
Salut Julia ! J’espère que tu vas bien. Je suis en train de produire un nouveau podcast pour TOLEDO, cette fois sur la traduction théâtrale et une idée que j’aimerais développer, celle de la traduction au début du processus d’écriture. Est-ce que tu pourrais raconter comment c’était pour toi lorsqu’on a travaillé ensemble sur « Don Juan » au LCB? Comme d’habitude j’avais plein de questions, et je t’ai fait quelques propositions concernant des jeux de mots, je crois que tu en avais repris une dans l’original. Si tu pouvais m’envoyer un vocal sur le sujet, ça serait génial. Merci mille fois et à tout vite !

Julia
Salut Julie ! Bon c’est un peu long, mais c’est ce que j’avais envie de raconter, prends ce dont tu as besoin, à bientôt.

Julia
Dans mon travail avec Julie, ma traductrice, je trouve ça génial qu’elle soit elle-même autrice. On entend souvent : oh non, c’est terrible quand la traductrice est aussi autrice, car ça finit toujours par se mélanger d’une façon ou d’une autre, or la traductrice doit rester pragmatique, mais moi je trouve ça génial, dans le cas de mes textes en tout cas, dans notre travail. Car les choses – ça n’a pas toujours été une évidence pour moi –ne sont pas toujours parfaitement transposables dans l’autre langue. Mes textes sont très rythmés, très musicaux, je joue beaucoup avec les mots, donc c’est important d’avoir quelqu’un qui dispose d’outils pour écrire, qui est capable d’imaginer des solutions et peut proposer de nouvelles métaphores, des jeux de mots. C’est très important. Quand on travaille ensemble, elle me fait des propositions. Dans le cas de « Don Juan » il y a eu plusieurs moments où elle m’a fait des propositions, et parfois même elle me proposait d’aller encore un peu plus loin, car la langue française le permettait. Je trouve ça génial car je ne parle pas parfaitement français et donc je suis reconnaissante dans ces cas-là, car moi je ne peux pas le faire. Ce qui est aussi génial c’est que j’apprends des choses, et grâce à la traduction, le texte continue d’évoluer. C’est aussi un autre aspect : il y a des moments où je me retrouve à mieux comprendre mon texte. Elle pose beaucoup beaucoup de questions, très précises, pour pouvoir trouver le terme parfait, et ça m’oblige à préciser pour moi les images que j’ai voulu écrire. Elles deviennent plus précises dans ma tête.

Ce que dit Julia des questions très précises et de l’importance d’avoir des outils, de l’imagination au moment de traduire, ne me distingue pas des autres traductrices. Toutes celles que je connais ont leur propres outils. J’appartiens d’ailleurs à celles qui disent que la traductrice est une autrice. Il ne s’agit donc pas de ma pratique ici, plutôt de comprendre comment l’acte de traduire peut avoir une influence sur le texte original. Comment ces questions très précises, par exemple, peuvent rendre une image ou une scène plus claire dans la tête de l’autrice, au point de la faire, peut-être, changer des choses dans l’original.

Vous allez me dire, ni l’autrice, ni la maison, n’a envie de recréer trente fois un pdf. À un moment donné le texte est terminé, il faut le laisser vivre sa vie.

Et c’est vrai.

C’est pour ça que je n’arrivais pas à lâcher cette idée : faire traduire au moment de l’écriture, avant que le texte soit figé. Pour poser toutes ces questions suffisamment tôt. Faire de la traductrice une sorte de dramaturge peut-être ? Qui accompagnerait l’écriture.

J’y ai pensé et repensé, et puis j’ai réalisé que ça existait déjà…

ÉPISODE DEUX: NOSTALGIE DE LA LANGUE ABSENTE

Trois mois plus tard, à l’été 2023, j’ai eu la chance de passer quelques jours à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. J’y ai rencontré l’autrice haïtienne Andrise Pierre. À la suite de la lecture de son texte Frère et sœurs, Andrise, qui écrit en français, s’est mise à parler de traduction… mentale. Ce qui se joue en elle au moment d’écrire le texte. Mon cœur s’est mis à battre un peu plus vite. Exactement ce que j’avais en tête, non ?

Julie
Après la lecture de Frère et sœurs à La Chartreuse, il y a eu une discussion avec le public, et quelqu’un a fait remarquer qu’il y avait quelque chose, en sonorité, de la langue créole dans ton texte. Tu es d’accord avec ça ?

Andrise
Oui, parfaitement,  je n’en prends pas forcément conscience à chaque fois, mais comme le créole est ma langue maternelle – même si le français fait partie des langues nationales –, le français que l’on parle, je pense, a beaucoup de sonorités créoles, comme on peut trouver des mots qui ne sont pas traduisibles, qu’on ne peut pas traduire.

Julie
Est-ce que quand tu écris en français tu as l’impression de traduire dans ta tête, que s’y opère un mécanisme de traduction du créole haïtien au français ou pas du tout?

Andrise
Oui, oui bien sûr ! J’ai commencé à parler français à l’école et j’habitais dans ces deux langues. Toute la journée on parlait français, et dès que je rentrais à la maison on parlait créole. Le rapport que j’ai avec le français c’est un rapport très intellectuel. Le créole c’est ma langue du cœur, celle dans laquelle j’exprime mes émotions, mes sentiments, et j’ai eu beaucoup de mal, par exemple, avec mon premier texte – vider mon ventre du sang de mon fils, qui parle d’une histoire que j’ai vécue, qui parle d’un deuil, qui parle de la mort de mon frère, d’écrire ce texte en français donc j’ai fait beaucoup de va-et-vient dans la traduction de comment dire ça, que je sens, que j’entends en créole, comment le dire en français. J’ai donc fait ce travail de traduction tout au long de l’écriture de la pièce, car à un certain moment je ne savais pas quel mot mettre sur ce que je ressentais.

Julie
Est-ce que tu as essayé de coller au texte créole en te disant que tu allais perdre quelque chose nécessairement, ou est-ce que tu as fini par lâcher en te disant : en fait je suis en train d’écrire un autre texte ; parce que c’est une autre langue, ce sera un autre texte.

Andrise
Je ne sais pas si je peux dire ça. Il y a eu une lecture de ce texte en Martinique et j’ai trouvé que le metteur en scène – bien sûr il y a le créole martiniquais – qui avait fait le travail sur la pièce, avait bien compris ce que je voulais faire. C’est vrai que le texte est écrit en français, mais il y a certaines pauses, aussi dans la façon d’exprimer la douleur dans les sons, que moi je n’avais pas mises dans le texte, mais lui l’a lu dans ce que j’avais écrit. Quand j’ai entendu le texte, même s’il était écrit en français, à cause des sonorités, des résonances, dans la façon dont les comédiens ont joué le texte, dit le texte, j’ai senti qu’il y avait quelque chose de plus proche de ce que je voulais faire et ça, je ne l’ai pas ressenti souvent. Par exemple ici on fait « hum », « hum », parfois je reçois des messages avec hu et plein de m. mais en créole ce n’est pas la même chose. Quand quelqu’un ici dit « hum » comme « hein » ou comme une sorte de questionnement, ou comme « on comprend », en créole c’est pas du tout ça, on est plus dans un cri, dans quelque chose soit qui nous fait mal, ce « hum » c’est comme « hélas », je ne sais pas, je ne sais même pas si le hélas qu’on a, c’est le même hélas qu’ici.

Walter Benjamin écrit : « Une bonne traduction porte en elle la nostalgie de la langue absente »2

Je sens cette nostalgie chez Andrise.

Le créole n’est pas seulement la langue de départ – ne l’est même pas vraiment. Elle est comme la valise de vêtements qu’on emporte en voyage. Les vêtements qu’on porte sur soi, mais ailleurs.

Ce qui m’intéresse je crois, c’est de savoir comment cet ailleurs, dans lequel on est arrivé, modifie le vêtement. Notre façon de le porter. S’il fait plus chaud dans cet ailleurs, peut-être que je vais rouler le bas de mon pantalon, réalisé que c’est agréable, joli, et une fois de retour, continuer de le porter ainsi.

Bon, j’arrête ici la métaphore. La question que je me pose c’est dans quelle mesure la langue dite « cible » influence la langue dite « source », puisque cette-dernière n’est jamais loin, elle ne disparaît pas, elle est présente, pendant tout le processus de traduction.

Julie
Est-ce que tu as l’impression que ce ping pong mental influence ton propos et tes personnages? Dans ce qu’ils ont à dire, dans leur personnalité...

Andrise
Oui, bien sûr, bien sûr ! Par exemple dans un de mes textes j’avais un personnage qui devait voyager, prendre le train pour traverser beaucoup de pays, pour finalement se rendre chez un autre personnage et j’avais du mal avec ça, avec cette grande traversée. Pourquoi je dis que j’avais du mal, parce que moi je n’ai pas la culture du train, j’avais du mal à écrire comment est-ce qu’on reste dans un train pendant cinq heures, six heures, sept heures et à quoi est-ce qu’on pense, que fait un personnage dans cet environnement, qu’est-ce qu’il peut voir, qu’est-ce qui peut attirer son attention ?

Si j’applique mon idée de traduction dès le moment de l’écriture, voici ce qui pourrait se passer : mon personnage doit voyager, instinctivement je lui fais prendre le train. J’en discute avec ma traductrice qui me dit que dans sa culture, on ne prend jamais le train. Que ça va être intéressant pour elle de chercher le vocabulaire adéquat, de se plonger dans les émotions d’un personnage qu’elle-même ne connaît pas. Je lui demande comment elle voyage d’habitude, et quelles sont les émotions qui l’accompagnent. Nous discutons un moment. Le lendemain, peut-être que quelque chose aura changé dans mon texte. Dans le voyage de mon personnage. Quelque chose de minime, peut-être. Ce qui est sûr, c’est qu’un monde s’est ouvert.

Julie
Est-ce que globalement tu trouves que c’est enrichissant pour tes textes de traduire mentalement ou tu as plutôt l’impression d’y perdre et en fait tu aimerais juste pouvoir écrire en créole?

Andrise
Dans les deux langues, je souhaite écrire dans les deux langues.

La majorité des autrices bilingues ne se traduisent pas elles-mêmes. Et celles qui le font, si l’on regarde attentivement, écrivent un autre texte. Parfois complètement autre chose. Parfois proche dans l’idée mais à certains endroits très différents (Samuel Beckett, Nancy Huston, les exemples ne manquent pas).

L’autre langue ne pourra jamais accueillir l’expérience d’un personnage dans toute son entièreté. Parce qu’il lui manquera des mots. Des références. Traduire c’est révéler les failles de la langue. Or, chaque faille est un endroit où se glisser. Où explorer. Dans chaque faille il y a des trésors à trouver.

Et cette exploration est addictive. C’est pour ça, je crois, que les autrices bilingues, trilingues, ne peuvent choisir.

Julie
Ian, combien de langues maternelles as-tu ?

Ian
(rires) Oh, c’est une très belle question.

Ian De Toffoli, auteur, chercheur, éditeur.

Ian
J’ai une langue maternelle et une langue paternelle. Ma langue maternelle est le luxembourgeois car ma mère est originaire du Luxembourg, et bien qu’enfant, avec mon père, je parlais plutôt luxembourgeois – car il venait d’arriver au Luxembourg et parlait luxembourgeois dans le quotidien, je crois que l’italien est ma langue, disons, du côté paternel, car ma famille habite encore en Italie et quand je leur rends visite je passe tout de suite en italien dans ma tête, donc ça se divise entre le luxembourgeois et l’italien, mais il faut encore rajouter, de façon un peu compliquée, le français, qui est devenue ma troisième langue maternelle, pas seulement parce que le français fait partie des trois langues officielles au Luxembourg, mais parce que j’ai émigré, si on peut dire ça comme ça (rires), en France pour mes études et j’y suis resté plus de vingt ans donc le français est devenu en quelque sorte ma troisième langue maternelle.

Julie
Quand tu écris en français, est-ce que tu as l’impression de traduire d’une autre langue ?

Ian
Oui. C’est un procédé compliqué qui se joue dans ma tête. Comme dit, le français n’est pas forcément une langue étrangère au Luxembourg, car on est en contact avec le français au quotidien : les panneaux de signalisation sont en français, les lettres des impôts sont en français, les cartes des restaurants sont souvent en français, le français fait partie des trois langues présentes dans le pays, mais ce n’est pas une langue maternelle au Luxembourg car le luxembourgeois est une langue germanique. Il faut donc d’abord s’approprier le français, ce que certains font avec plus ou moins de facilité. Ça veut dire que le français est un peu comme une deuxième langue au Luxembourg. Donc quand j’écris je n’ai pas l’impression de le faire dans une langue qui me serait très familière, mais plutôt dans une langue qui est un peu loin de moi, que je dois chaque fois m’approprier de nouveau, et parfois c’est même un peu difficile. Je me mets chaque fois comme un peu à distance pour pouvoir la manipuler, cliniquement disons, manipuler sa grammaire, plus facilement – parfois dans ma tête ce n’est pas très différent d’une construction de Legos, ou du latin. Donc oui, j’écris avec une certaine distance à la langue, dans une langue qui est autant mienne qu’elle m’est étrangère.

Julie
Est-ce que tu as l’impression que cette traduction mentale influence ton texte, tes personnages ?

Ian
Je peux davantage parler de texte que de personnage ici. Que se passe-t-il quand j’écris ? – Et là je ne suis sûrement pas le seul auteur polyglotte à qui ça arrive : quand on écrit, on arrive à un moment donné à une sorte de plurilinguisme interne, disons. Bien qu’on écrive dans une seule langue, les autres langues sont toujours présentes, elles respirent en même temps, bougent en même temps. Je pense tout le temps à des mots, des phrases, des constructions de phrases qui viennent d’autres langues. Quand j’écris je pense en même temps en allemand, en français, en luxembourgeois, en anglais et en italien. Je pense en outils de traduction plutôt qu’en dictionnaires, ou en même temps du moins, je me demande chaque fois : est-ce que ça sonne bien en français ou est-ce que j’avais une expression allemande en tête que j’ai essayé de traduire littéralement ? Comme si j’écrivais plusieurs strates, chacune dans une langue différente, mais à la fin il n’y en a plus qu’une seule qui est là.

Julie
C’est génial, tu es en train de décrire mon idée. Si je comprends bien : cela influence bel et bien ton texte. Tu penses en plusieurs langues, tu testes la phrase dans plusieurs langues, et c’est ce que j’ai en tête : j’aimerais qu’une autre personne, une traductrice en l’occurrence, vienne et me dise : « aïe, ça ne va pas fonctionner dans ma langue, je vais devoir faire autrement, peut-être traduire comme ci ou comme ça », et alors moi en tant qu’autrice je dirais « attends mais c’est super comme idée, je vais changer du coup ». Est-ce que c’est quelque chose où en tant qu’auteur tu te dis : ça pourrait être intéressant en effet de travailler en duo avec une traductrice ? Et si j’arrive à convaincre un lieu de résidence d’abriter un laboratoire où l’on pourrait tester cela une semaine durant, tu serais partant ?

Ian
Je peux tout à fait m’imaginer travailler de façon plus étroite et plus directe avec des traducteur.ices. Depuis des années en fait j’ai la volonté, si c’était possible, le conditionnel est important, de publier un texte dans plusieurs pays en même temps – comme Nancy Huston a pu le faire, sortir un texte en même temps, par exemple en Allemagne et en France, auquel aurait travaillé un.e traducteur.ice qui aurait potentiellement influencé l’original – s’il y a encore un original à ce stade. À une échelle différente, ça m’est déjà arrivé plusieurs fois qu’après la traduction d’un de mes textes de théâtre, s’il n’était pas encore publié, je sois revenu à l’original pour changer des choses que j’avais réalisées grâce à la traduction. Je rêve de publier un texte en même temps dans plusieurs langues et plusieurs pays. Une résidence avec un.e traducteur.ice pour travailler à la dernière version d’un texte – où en tout cas là où en est l’écriture à ce moment-là, ce serait grandiose !

J’ai souri pendant une bonne heure après cet entretien.

Quel meilleur rempart à l’invasion de l’IA que de proposer dès à présent une alternative. Créer un autre territoire, et y inviter tout le monde.

Pour ne plus faire passer des frontières à des textes – des frontières de plus en plus hautes, de plus en plus hostiles. Mais les effacer totalement. En créant des espaces de création où le concept de frontière ne fait plus aucun sens.

Il n’y aurait plus d’original.

Il n’y aurait plus de verticalité. Plus de pouvoir. Plus de soumission. Plus de nostalgie plus de frustration.

Il y aurait rencontres. Conversations. Création dans l’échange.

Oui, il y aurait création.

Humaine.

Ivana et moi n’avons pas eu la résidence à laquelle nous avions postulé.

Alors nous nous sommes organisé notre propre résidence.

Nous nous sommes retrouvées à Berlin en octobre 2023 pour, donc, rouvrir le texte.

ÉPISODE TROIS: TRADUIRE AU PLATEAU

Au théâtre, souvent, on collabore. Des duos se forment. Autrice-Metteuse en scène. Metteuse en scène-Dramaturge. Dramaturge-Costumière. Autrice-Scénographe etc. Cette collaboration peut influencer le texte.

Un costume par exemple, ou un masque, en contraignant le corps, peut être vecteur de modification, d’ajustement plus ou moins importants.

Quand on écrit pour une actrice en particulier, on force aussi le texte.

La traduction, à mon sens, fait de même. En essayant de faire entrer le texte dans le corset d’une autre langue – dans son fonctionnement, dans sa grammaire, dans ses références historiques, culturelles, la traduction contraint le texte. L’abîme un peu, mais le texte pardonne, car il est de belles cicatrices.

Quand je traduis un texte de théâtre, je l’égratigne doublement. Par la perte inévitable d’éléments de l’original, et par les transformations que je suggère. Je n’arrive pas à faire autrement. C’est comme un pacte de sang.

Je crois qu’on interrogeant le texte ainsi, je souhaite le ramener au présent. Celui de l’ici et maintenant. Sortir de l’entre-deux un peu flou qu’est le temps de la traduction.

J’adore cette phrase d’Henri Meschonnic, entendue un soir dans « Les Nuits de France Culture » : « il ne faut pas confondre Saint-Jérôme, le patron des traducteurs, et Charon, le passeur du Styx » (le Styx, c’est le fleuve des enfers).

On ne passe pas de cadavre, on passe du vivant (ça c’est moi qui le dis).

Entre l’année de l’écriture d’un texte de théâtre et la création de la traduction sur scène, il peut se passer un, trois, dix ans, et plus encore.

Que voit-on alors sur scène ? Le texte ? ou un spectre ?

Julie
Hello ! Je viens de penser, pour le podcast, tu pourrais nous pitcher la pièce ? Pitcher « Pirsch » ?

Ivana
« Pirsch », c’est l’histoire d’une jeune femme, Marinka, qui revient dans son village après quinze ans. Avant qu’elle en soit partie elle a été agressée lors de la fête annuelle du village à laquelle semble appartenir une sorte de « rituel de la caresse ». Marinka revient, les souvenirs remontent, elle se tourne vers la police, incarnée par Lene, une ancienne amie, puis vers son frère, Jan, qui lui tend les laisses d’une meute de chiens. Ces chiens étaient liés à ce rituel autrefois. Mais visiblement ils ont changé de camp. Marinka prend alors la tête de la meute et la chasse commence. Se pose la question de la violence comme moyen de vengeance légitime, tandis que Jan et Lene cherchent un dénouement à ce qui s’est aussi passé entre eux.

Pirsch, d’Ivana Sokola, m’a demandé de travailler sur trois terrains à la fois :

Le terrain prosodique : les mots choisis, l’agencement des phrases, doit se faire en pensant non pas aux yeux de la lectrice mais à la bouche, aux dents, à la langue, au palais, au ventre d’une comédienne.

Le terrain poétique : le texte comporte des rimes, des images très fortes, des allitérations. Le rythme y est très important.

Et le terrain politique : c’est un texte féministe.

Et parce que c’est un texte qui pose des questions de société, ce retour dans le présent, qui doit être abordé comme un futur, celui de la mise en scène de la traduction, me paraissait plus important que jamais.

Lorsque je me suis mise à traduire, début 2023, en essayant d’éviter les confusions de pronoms dans un texte où la question du genre est plus qu’importante (en 2021 en France, 96% des auteurs de violences sexuelles étaient des hommes), j’ai réalisé qu’en allemand, le pluriel est féminin (quand en France il est masculin). À force de lire des « sie » pour parler des CHIENS, j’ai fini par me dire que pour avoir des « elles » en français, il aurait fallu que ces chiens soient des chiennes.

Et que j’aurais bien aimé que ces chiens soient des chiennes.

Et tant qu’on y est, un personnage principal masculin. Les garçons aussi sont violés par des hommes. Les hommes souffrent aussi du système patriarcal. Je ne peux m’empêcher ici de penser à frau verschwindet (versionen) de Julia Haenni, qui interroge si brillamment nos biais théâtro-patriarcaux.

Finalement, j’ai fini par me dire qu’aujourd’hui, en 2023 – et probablement encore plus en 2024 ou en 2025, quand la traduction sera jouée –, j’ai très envie de voir sur scène un homme venir lancer une meute de chiennes sur ses violeurs.

Alors oui, carrément. Cette fois-ci j’ai proposé à l’autrice de changer le genre de ses personnages.

Ivana
Je trouve que c’est une question très intéressante. Spontanément je trouverais ça presque étrange qu’un homme soit le personnage principal, et en même temps ce qui m’importe dans le texte c’est la question de la violence structurelle, les chiens, par exemple, qui étaient du côté des agresseurs et qui changent de côté, qui disent eux-mêmes qu’ils n’ont aucune morale et peuvent être utilisés par celles et ceux qui le souhaitent. Dans le texte, la question de la légitimité de ce type de violence, quand elle est utilisée par la police ou pour se venger, reste ouverte je crois, même moi je ne peux pas y répondre clairement. Je crois qu’à partir du moment où se produit une agression, un viol par exemple, et que quelqu’un – homme ou femme – vit avec cela pendant si longtemps, se pose la question : que faire de ça, comment vivre avec ça, est-ce qu’on n’a pas besoin, à un moment donné, d’une sorte de libération via ce qui se passe dans la pièce par exemple. La question de savoir si les chiens pourrait être des chiennes est très intéressante et très juste, d’ailleurs dans la mise en scène de Jana Vetten à Heidelberg, le chœur des chiens était interprété par des personnes identifiées comme femmes et j’ai trouvé ça très juste car il y avait quelque chose de très animal, très brutal, qu’on n’associe pas à des femmes d’habitude et les quatre comédiennes ont pu se l’approprier complètement. En tant que femme je trouve ça très important que des femmes puissent aussi incarner cela. Du coup je trouve ça intéressant ce renversement, le fait que l’agresseur pourrait être une femme. Car oui, ça pourrait aussi être dans l’autre sens, alors oui nous pouvons laisser la possibilité de changer, laisser ouvert, et peut-être le noter en introduction du texte.

Laisser ouvert.

Dans le merveilleux LOVE An Argumentative Exercise de Sivan Ben Yishai, Popeye et Olive se rencontre en cours d’allemand, en Allemagne.

Lorsque j’ai traduit le texte, j’ai demandé à Sivan s’il était important qu’ils se rencontrent en Allemagne, en cours d’allemand, ou si cela était lié au fait que ses pièces, traduites en allemand par Maren Kames dès qu’elles sont écrites, sont créées dans l’espace germanophone. Est-ce qu’elle souhaitait qu’on laisse ouvert ? Oui.

J’ai donc inséré une note de traduction pour signaler à la mise en scène qu’elle pourrait choisir le pays et la langue apprise par Olive et Popeye en fonction de l’endroit où la traduction serait montée.

Laisser ouvert.

C’est ce que j’essaie de faire aussi dans mes propres textes. Concernant la distribution par exemple, et les prénoms en particulier. Pour ne pas générer de biais dans l’inconscient de la mise en scène au moment de choisir les interprètes, j’évite de nommer mes personnages. Si je dois le faire, j’écris que les prénoms pourront être changés (sauf si, bien sûr, la race, la classe sociale, le genre, joue un rôle important).

Laisser ouvert.

Dans le cas de « Pirsch », j’ai proposé à Ivana davantage qu’une note de traduction.

Julie
On a parlé ce matin d’écrire une note en préambule du texte, car on a discuté de l’écriture inclusive, de savoir si je l’ajoutais ou pas dans la traduction, peut-être seulement dans les répliques de Marinka et Lene, ou peut-être aussi chez Jan, puis finalement décidé qu’on laissait ouvert et que la mise en scène pourrait décider. Mais peut-être qu’on peut aller encore un peu plus loin et ajouter dans cette note introductive qu’on laisse aussi ouvert s’il s’agit de chiens, de chiennes, d’un personnage principal identifié comme homme ou comme femme…

Ivana
Oui absolument, et je trouve ça bien si le texte le propose et après réflexion oui, qu’il laisse la possibilité de montrer d’autres formes de violence et n’est pas seulement figé dans une seule constellation, on peut imaginer aussi qu’il n’y ait que des femmes par exemple, que le conflit de genre disparaisse, ça pourrait aussi être une interprétation possible que je trouverais intéressante.

J’avais déjà parlé à Ivana de mon idée de traduction qui aurait lieu parallèlement à l’écriture. À la fin de notre courte résidence est venu le temps de lui demander si Ian et moi aurions le plaisir de la compter dans la team « traduire au plateau ».

Ivana
Oui, bien sûr ce serait super par exemple pour tester certains détails du texte. Je remarque qu’en écrivant, certaines choses coulent d’elles-mêmes, on avance par associations, puis ensuite on efface ou on raccourcit. Dans « Pirsch » j’ai fait beaucoup d’aller-retour entre les trois personnages pour clarifier leur position. Mais à nouveau sur la question du genre et de l’écriture inclusive, il me semble qu’il y a un endroit dans le texte où j’utilise une astérisque, mais pas dans les répliques parce que je pense qu’au moment où j’ai écrit je me suis demandé si c’est une façon de parler que les personnages pourraient avoir et de par leur socialisation je pense qu’ils n’utiliseraient pas l’écriture inclusive en parlant, mais en même temps ils auraient pu l’acquérir par la suite, dans leur développement, le personnage de Marinka par exemple passe d’une position de victime – je n’aime pas le mot « victime » et j’essaie de l’éviter, je trouve ça problématique comme terme, à une attitude de vengeance. Si on en avait parlé plus tôt je pense que j’y aurais davantage réfléchi et sûrement essayé d’éviter de présenter un cas opposant un homme à une femme, et tout de suite essayé d’inverser ou de montrer les deux. Je crois aussi que si un texte pose la question du genre il faut aussi que ce soit présent dans la langue. Dans ce texte j’ai essayé, via la langue, de dire l’absence de mots, les rapports de violence, l’assignation des rôles de genre. Mais c’est important de voir comment la langue peut aussi être l’endroit de l’équité. J’ai trouvé ça passionnant de me replonger dans tout ça car j’ai terminé ce texte début 2022 je crois, il y a déjà eu deux mises en scène, de replonger dans les décisions que j’ai prises via nos conversations, réfléchir aux différentes possibilités de traduire un mot et à l’effet qu’ils vont produire dans l’autre langue, ça me permet de réfléchir à la façon dont le texte continue de vivre grâce à la traduction. Je ne crois pas que je changerais beaucoup de choses dans l’original mais avec ta traduction j’ai l’impression qu’il y a maintenant un deuxième texte et grâce nos conversations je peux influencer cela.

Julie
Et ça te plait l’idée qu’il y ait un second texte et non une copie française de l’original?

Ivana
Oui absolument. La durée de vie d’un texte de théâtre est souvent assez courte. J’ai essayé de faire attention, je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de marqueurs temporels qui le rattache à 2022 et j’espère qu’il pourra survivre encore un peu, mais quand on pense que la traduction ne sera disponible que l’année prochaine, je trouve ça important qu’on ouvre de nouvelles possibilités d’interprétation. Et puis les questions liées au genre sont un domaine qui évolue très vite. Aussi, c’est important de faire des changements. C’est peut-être plus un travail de transfert, de déplacement, qu’une traduction directe finalement, car je ne crois pas qu’on ait besoin de ce texte en deux exemplaires identiques. Surtout quand on travaille dans quelque chose d’aussi vivant que le théâtre.

Pour moi, le texte de théâtre est une maison. C’est important que d’autres en aient les clés.

À la fin de ce podcast je réalise que depuis le début, je portais deux idées en moi, qui se sont développées en parallèle.

Celle de proposer une autre façon de traduire le théâtre – et un autre cadre pour le faire : cette idée de commencer à traduire un texte qui n’est pas encore terminé. Pour que les trésors au fond des failles qu’ouvre la traduction ne servent pas seulement au texte traduit mais aussi à l’original.

Et celle de proposer une autre façon de l’écrire.

Transformer l’acte de traduire post-écriture en co-création pendant l’écriture, qui conduirait à la création simultanée du même texte dans plusieurs pays, c’est autant un acte politique contre les replis identitaires qu’un pied de nez à l’IA.

Mais c’est aussi aussi un acte subversif au sein des langues elles-mêmes. Comme ces seed bombs qu’on lance dans les villes pour faire fleurir les terrains vagues et les failles dans les trottoirs.

Se demander comment on traduirait cette scène, cette phrase, en créole haïtien, en provençal, en suisse allemand, en luxembourgeois, dans toutes les langues qu’on ignore, qu’on méprise, qu’on a tenté, qu’on tente encore, de supprimer pour nous permettre de nous déplier, plutôt que nous replier.

« Traduire au plateau » comme cheval de Troie pour faire gonfler nos langues de l’intérieur, à l’heure de son aplatissement par l’IA et la globalisation du langage.

« Traduire au plateau » pour faire fleurir des graines méconnues et magnifiques

Pour abriter l’échange.

Pour l’humain.

©Renard

Beaucoup de lectures, d’émissions de radio, de discussions, de traductions ont nourri ce podcast. Cette liste n’est pas exhaustive, mais voici, spontanément, ce dont j’ai envie de vous parler : sur la question des spécificités de la traduction théâtrale, j’aime beaucoup l’ouvrage Traduire le théâtre, dirigé par Céline Frigau Manning et Marie Nadia Karsky, en particulier la contribution de Celia Bense Ferreira Alves. Si vous avez envie de lire des traductrices de théâtre quant à leur pratique, il y a plein d’articles et d’interviews passionnantes (plusieurs en français) sur le site internet plateforme.de. Sur le rôle que peut jouer le traducteur quand il est invité à participer à la création de sa traduction, l’entretien d’Alexandre Pateau avec Manou Farine sur France Culture est absolument génial – comme tout ce que raconte Alexandre concernant sa retraduction de « L’Opéra de Quat’sous » de Brecht. Sur la question de l’anglais et de la circulation historique des langues, vous pouvez lire : The Fall of Language in the Time of English de Minae Mizumura, en japonais ou traduit en anglais (of course) par Mari Yoshihara and Juliet Winters Carpenter.

Je remercie Ivana et Julia qui, malgré leur rhume respectif, ont envoyé ces messages vocaux. Merci pour votre confiance et nos échanges, c’est un privilège d’être votre traductrice. Merci à Ian et Andrise pour nos passionnantes discussions, on et off the record comme on dit. Vous pouvez retrouver les textes de Ian chez Hydres éditions. Frère et soeurs, d’Andrise, n’est pas encore paru mais La Petite Fille que le soleil avait brûlée vient de sortir aux éditions Espaces 34.

Je remercie enfin Solveig Bostelmann et Aurélie Maurin pour leur confiance renouvelée et les moyens qui ont été mis à ma disposition pour réaliser ce podcast dans les meilleures conditions. Le collège des traducteurs de Looren de m’avoir abritée. Paula Rauhut pour la traduction vers l’allemand et d’avoir prêté sa voix à mon amie « la théâtreuse ». Et Sika Fakambi qui est devenue la voix germanophone d’Andrise.

À bientôt.

22.01.2024
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©Chloé Desnoyers

Julie Tirard est née à Aubagne, près de Marseille. Elle écrit du théâtre et de la poésie. Elle traduit également des textes féministes (Bettina Wilpert, Julia Haenni, Sivan Ben Yishai, Ivana Sokola, Eva Maria Leuenberger…).

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